Jean Paul Pougala : “On ne devient pas industriel sans avoir la culture d’industriel”

L’africain n’a malheureusement pas une culture d’industriel. Il a donc en toute chose, une réaction qui est loin de garantir ses intérêts.

Quand il ment, il ment mal et pour rien, pour des situations sans enjeu. Quand il parle, il parle beaucoup, pour rien et sans une morale de fond de ce qu’il dit. Quand il tourne un film, c’est un film pour rien, qui n’éduque la société en rien et qui ne transmet aucune valeur de fond. Ils sont nombreux des papas et des mamans qui passent leur temps inutilement sur les réseaux sociaux à s’envoyer les blagues et même des insultes, comme des adolescents de 13 ans.

Des milliers de groupes et forums inutiles qui traitent de tous les sujets bidons, mais jamais de ce qui aider à payer ses factures. L’africain se comporte comme si la mort n’est pas pour lui et comme s’il avait 200 ans devant lui à vivre.

Chaque jour, les administrations publiques dans nos pays organisent des centaines de conférences inutiles, envoient des fonctionnaires participer à de nombreux séminaires nationaux et internationaux dont le seul intérêt est le per diem ou le remboursement des frais de voyage et de séjour multiplié par 10, sans que les récipiendaires aient retenu la moindre leçon pour eux-même ou pour l’administration.

La conséquence est immédiate et se paye cash dans le secteur où notre intelligence est mise en compétition avec celle des autres à travers les produits vendus sur nos marchés. Dans les affaires, tant qu’ils font le commerce, tout va bien parce qu’on n’a pas besoin de réfléchir pour porter un conteneur de friperie en Italie à un certain prix et venir le vendre au double du prix d’achat au Cameroun.

Mais lorsqu’il s’agit de l’industrie, les choses sont un peu plus compliquées pour les africains. Ici, la rigueur est de mise.

En industrie, rien n’est fait pour rien, même les mensonges sont scientifiques. Ici, tout le monde ment à tout le monde, mais pour une raison économique bien précise ou pour une raison stratégique d’enfumage pour dérouter les concurrents. En industrie, on ment, mais bien. Et même le consommateur est content du mensonge qu’on lui dit. L’africain qui d’habitude ment mal et pour rien, n’a donc aucune idée de cette dimension du comportement humain. Et lorsqu’il décide de se lancer dans un secteur industriel, il donne pour acquis que les autres sont gentils et disent tous la vérité.

Prenons l’exemple du jus de fruit

Les africains qui s’y lancent ne font pas long feu. Parce qu’ils se comportent tous de la même manière : voir qu’un voisin fait le jus et ça donne de l’argent et donc, pourquoi pas le copier ? Le problème est que nous ne sommes pas une société fermée. Et le premier à nous intéresser de la guerre économique est ce concurrent qui envoie son jus prétendument de fruit 100% depuis la France jusqu’à chez nous.

L’africain, même lorsqu’il est un expert de l’état chargé de contrôler la qualité des produits alimentaires sur le marché national, va créer tellement de tracasserie contre un producteur local pour mille raisons inutiles. Ce qu’il ne sait pas, c’est que le jus 100% de fruit qui vient d’Europe ou bien de la Floride (USA) et qu’il considère comme la référence absolue, n’a de 100% que de nom. Et cela, l’africain ne le sait pas, ni le fonctionnaire, ni le producteur. Les deux ne savent pas qu’il existe 100 types différents de jus d’orange estampillés “100% sans sucre ajouté.” Ils ne savent pas que malgré qu’il est écrit SANS SUCRE AJOUTE, on y ajoute quand même du sucre et que par un tour de passe-passe juridique, ce “faux” est admis et parfaitement légal et donc, ce n’est plus un faux.

Ainsi, le supposé “100% jus d’ananas” n’a pas que du jus d’ananas dans votre bouteille. Il est surtout composé de toute autre chose dont je vous parlerai mercredi prochain 20/9.

Et ceci est valable pour tous les autres “Pur Jus” ou “Jus Pressés 100%” avec ou sans pulpe. Si vous n’avez pas une telle information, vous commettez la pire des erreurs pour un industriel qui se lance sur le marché : ne pas savoir à quel niveau les concurrents trichent et pourquoi leur tricherie est légal.

Si vous êtes inscrits à la formation de 15-17 décembre 2017, vérifiez votre boite email. Car je vous ai envoyé hier dimanche 17/09 un email avec les détails sur l’heure et le code d’accès à notre rencontre de mercredi 20/09/2017. Durant 2 heures, je reviendrai sur tous ces thèmes pour vous dire comment procéder et éviter ces pièges, si vous voulez vous lancer dans la production des jus pressés de fruits. Tout en restant compétitifs comme nos concurrents européens ou américains.

Et là, il ne s’agit que de la rencontre préliminaire, 3 mois avant la formation où vous devez vous présenter avec les témoignages sur l’application de certains concepts que je vais cous communiquer mercredi.

Quelles leçons à retenir pour les industriels ue vous voulez devenir ?

Il est pas facile d’avoir la culture rationnelle d’industriel pour un africain qui est entouré surtout et exclusivement des cancres. Tout autour de lui l’amène à s’auto-infantiliser pour ensuite aller tout droit contre ses propres intérêts.

Devenir industriel en Afrique est peut-être la chose la plus compliquée au monde. Voilà pourquoi nos gouvernements pour faire face au problème récurent du chômage de masse des jeunes, les forment non pas pour devenir des industriels (vous n’en trouverez aucun), mais pour devenir des artisans de la micro-transformation agricole de subsistance. Dans leurs ateliers, ils vont produire quelques bouteilles de miel, de confiture, quelques morceaux de savons, trop peu et pas du tout compétitif pour faire face à la déferlante des mastodontes industries européennes sur nos marchés africains. Voilà pourquoi dans quelques années, on les retrouvera presque tous en train de faire l’énième formation pour trouver du travail qu’il n’y a pas, puisqu’il manque d’industriels pour créer les emplois de masse. Car au chômage de masse, on ne répond pas avec les auto-entreprises ou les artisans de la production, mais avec les producteurs d’emplois de masse. Et seuls les industriels sont capables de le faire sur cette planète terre et l’Afrique ne saurait être une exception.

L’industriel commence lui aussi petit et souvent, même plus petit que l’artisan, mais il ne reste pas petit parce qu’il sait sa seule chance de rester longtemps sur le marché est de grandir et vite. pour y parvenir, il va utiliser utilise 3 choses qui sont les plus difficiles à avoir et que l’artisan n’aura jamais faute de culture : Pensée Critique, Pensée Complexe et Pensée Globale. Lancer un hectare ou 100 hectares de manioc ne suffit pas pour faire de vous un industriel si vous n’avez pas réunis ces 3 choses qui composent la culture de l’industriel. Sans cela, vous ne serez qu’un artisan de la production qui attend son heure pour fermer et perdre la maison familiale qui avait servie de caution pour emprunter l’argent à la banque.

En conclusion

Commencez dès aujourd’hui le parcours pour avoir la culture de l’industriel : si vous voulez mentir, mentez bien et pour une raison qui vous procure un gain économique. Si vous voulez parler, parlez bien. Evitez les interlocuteurs qui vous perdent du temps et n’apportent rien à l’amélioration de vos conditions de vie. Entourez-vous des gens ambitieux, qui savent rêver grand. Si parler de Samuel Eto’o n’augmente pas votre compte en banque, changez de sujet. Si parler de Paul Biya ne vous donne pas du travail, changez de sujet. Si crier contre la France ne fait pas de vous le propriétaire ou un actionnaire de Orange-Cameroun, changez de sujet. Si maudire le Franc CFA ne paye pas vos factures de fin du mois, changez de sujet. Et si les amis que vous fréquentez ne veulent parler que des sujets que vous voulez changer, alors changez ces amis. Ils ne vous servent à rien.

Retroussez-vous les manches, concentrez-vous sur les sujets qui regarde ce que vous voulez devenir dans 10, 20 ans et faites occuper votre cerveau par les questions qui ont trait à résoudre vos problèmes les plus imminents, en priorité. Évacuez les au plus vite, pour tracer le boulevard pour vous amener vers cet objectif de 10, 20 ans. En bref, apprenez à avoir une culture d’industriel.

Jean-Paul Pougala
Paris, le 18 septembre 2017

Scroll to top