Jean Paul Pougala

Comment gagner de l’argent en produisant les Habits ?

Partager cet article

Ils sont nombreux en Afrique à parler de “Tissus Africains” et en revanche, parler de la chemise ou du pantalon comme de la culture occidentale. Ce qui est faux bien évidemment. Tout d’abord parce que l’habillement est un fait de mode et non de culture.

C’est-à-dire qu’à chaque saison, à chaque époque des stylistes donnent libre cours à leur imagination et proposent souvent des habits extravagants qui ne seront jamais portés par la masse et des fois, des habits qui auront l’adhésion des consommateurs.

L’habillement est donc avant tout un produit de consommation courante. Ce qui n’a rien à voir avec les habits qui font partie du folklore de chaque pays et qui par définition ne sont pas portés tous les jours, mais dans des festivités ou durant des périodes particulières.

Pourquoi le Tissus dit Africain, (le pagne) n’a rien d’africain, mais est un mauvais tissu indonésien ?

En 2009, le « Batik indonésien », qui à l’origine n’était produit que sur l’île indonésienne de Java, est inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le Batik, vient de l’indonésien TiTik, qui veut dire point. Le Batik est une technique d’impression par points sur les tissus, technique milénaire perfectionnée par les indonésiens.

Au 17ème siècle, les Anglais et les Hollandais arrivent en Indonésie et découvrent ces beaux tissus. Nous sommes au début de la révolution industrielle. Les tissus sont farbriqués par les javanais manuellement. Les Britanniques qui ne savent pas quoi vendre aux Indonésiens, ont une idée géniale : produire ces tissus, en plus grande quantité, industriellement en Angleterre et donc, les revendre à prix cassés aux Indonésiens.

Mieux, ils vont utiliser une technique nouvelle, plus élaborée que le Batik, c’est le Wax, c’est à dire, à base de la Cire. Les Hollandais vont piquer l’idée aux anglais qui n’ont pas encore eu le temps de rentabiliser leur invention et les investissement qui l’ont accomapgnée. Et ils vont mieux l’élaborer et produire ces tissus Wax encore meilleurs que ceux des anglais.

Mais arrivés sur le marché indonésien, ces tissus à prix cassés ne rencontrent pas la faveur des indonésiens qui les trouvent de mauvaise qualité et donc les boudent.

C’est ici qu’arrivent l’idée que les européens cherchaient depuis des siècles d’esclavage avec l’Afrique, qu’ils ont fait appeler “Commerce Triangulaire” ou “Traite négrière”. Sauf qu’après avoir construit le mensonge, ils n’ont jamais rien trouvé à vendre aux africains pour corroborer la thèse du prétendu “commerce triangulaire”.

Et c’est lorsque les indonésiens boudent le wax anglais et hollandais qu’il est envoyé en Afrique de l’Ouest, au Ghana où il rencontre un grand succès. Mais nous sommes au 19ème siècle et l’esclavage a été aboli depuis 1 siècle. On ne peut donc pas dire qu’on a acheté les esclaves aux africains en échange des tissus Wax. C’est trop tard. On les convainc plutot que ces tissus sont africains et qu’ils ont été africains depuis toujours. Cela permet de tourner les usines en Angleterre et en Hollande depuis le 19ème siècle jusqu’aujourd’hui en 2019. Et ce sont les nouveaux producteurs chinois qui viennent contester ce monopole européen du wax.

Pendant ce temps, les naïfs africains qu’on a formatés à consommer ce nouveau produit européen, sont prêts à jurer que le wax est africain. A rien ne sert de leur dire le contraire.

J’ai découvert le 9 février 2018 en faisant visiter à mes enfants, le Musée National du Cameroun à Yaoundé (ancienne présidence de la République), que le fameux Cabas porté par les femmes Sawa, avait été conçu et produit par les femmes françaises pour l’imposer aux femmes camerounaises, afin qu’elles y cachent toutes leurs formes, le Cabas étant en langue française un sac à provision, un foure-tout, mais un sac quand même. Comment voulez-vous que nos stylistes sortent leur génie sur un sac ? Ils ne peuvent pas.

Selon cette explication donnée par ce musée, la constatation par les épouses françaises, une fois arrivée au Cameroun d’avoir un arrière et un avant trop plats, les frustrait trop, devant les rondeurs jugées trop sensuelles par ces dames, des jeunes femmes camerounaises. Et et au lieu de chercher à manger le Miondo ou faire la course pour tonifier les muscles, leur solution toute trouvée était plutôt de cacher les formes des camerounaises à la vue de leurs maris, trop intéréssés à d’autres critères de beauté, et cet habit pour tout cacher, était né. Le Cabas en effet.

Et voilà qu’aujourd’hui, par un mécanisme d’inculturation, les femmes Sawa ne jurent que par un habit crée pour cacher leur beauté. On les a convaincues qu’elles étaient mieux africaines authentiques en renonçant à porter les mêmes robes taxées d’occidentales et donc, pas bien qui aurait mis en valeur leur beauté. Mais la robe est comme un téléphone portable. Rester au Cabas imposé alors que l’autre suit la mode est comme renoncer au smartphone sous prétexte qu’il est occidental pour se contenter du Tamtam pour communiquer.

Question :

Cela a-t’il un sens dans la modernité universelle d’aujourd’hui, avancer avec la bande que les prédateurs nous ont fixée sur les yeux pour nous empêcher d’avancer au même rythme que toute l’humanité en nous habillant avec des torchons que nous sommes les seuls à porter ?

Je ne pense pas. Car la première conséquence négative est que ce comportement a exclu les producteurs africains du marché très juteux de l’habillement. Ils sont presque tous marginalisés et donc, exclus parce que confinés à un produit crée, produit par le prédateur exclusivement pour eux. Le prétexte est vite trouvé : la chemise, le pantalon, le costume est européen et non africain.

Le pantalon n’est pas Européen

Durant toute l’histoire de l’antiquité européenne, les hommes et les femmes portaient les mêmes vêtements : la robe, une tunique courte. Lorsque les romains entrent en contact avec ceux qu’ils vont désigner comme des Barbares, c’est-à-dire à leurs yeux, des incultes sans civilisation développée, en l’occurance les Germaniques et les Saxons, ils découvrent que ces Barbares portent unhabitllement divisé en 2 parties, un haut et un bas appelé “Pantalon”.

Quelle horreur, le Pantalon !

Deux decrets de la Rome impériale vont interdire dans l’empire, le port du Pantalon. Il s’agit notament du premier decret en l’an 397 et le deuxième, à peine 2 ans plus tard, en 399.

Au 5ème siècle, c’est le début du Moyen-Age. L’Eglise Catholique a remplacé l’Empire Romain décadent.

Tout le monde continuera donc à porter la tunique courte jsuqu’autour de l’an 1000. Nous sommes dans ce qu’on va appeler la fin du Haut Moyen Age. Les Nobles préfèrent désormais les robes longues. Et là, hommes et femmes portent les mêmes robes.

Cet accoutrement est imposé par l’Eglise Catholique, puisque ce sont les prêtres qui font la loi et l’Eglise catholique a remplacé l’Empire romain.

A partir du 14-15ème siècles, c’est le début de la renaissance. Les gens commencent à s’opposer au dicktat de l’Eglise en matière vestimentaire. Les Nobles commencent la rebellion et adoptent une nouvelles mode : les robes deviennent de plus en plus courtes mais seulement pour les hommes. Les femmes qui ont peur de finir en enfer refusent de braver les impositions de l’Eglise Catholique restent avec les robes longues. En Angleterre naissent pour la première fois l’habillement pour les enfants. Les “Short Trousers”, les culottes sont nées.

Mais toutes les universités sont alors cléricales, entre les mains des prêtres. Et si on veut y étudier pour devenir : avocat, clerc, médécins, notaire, docteur etc. on passe obligatoirement par un enseignement clérical, par l’Eglise et donc, on porte ces robes. Voilà d’où vient l’expression encore utilisée aujourd’hui des : “metiers de robe”.

Comment doivent s’habiller les Africains aujourd’hui ?

Les africains doivent s’habiller comme les japonais, les chinois, les indiens qui ont connu la même colonisation européenne et qui ont su faire la part des choses entre le folklore de l’identité culturelle et la mode et l’envie de consommation de leurs peuples.

Dans les temples Shintoïste à Tokyo, on voit des jeunes mariés habillés en kimono. Mais parce qu’ils y vont rechercher la bénédiction des ancêtres. Et labas, on explique qu’ils font s’habiller comme les ancêtres pour être reconnus par eux. En Corée, c’est la même musique. Mais les autres jours de la semaine, tout le monde s’habille comme on le fait aujourd’hui dans le monde. Cela permet de maîtriser la production industrielle des habits qui de toutes les façons, tôt ou tard vont innonder le marché local. Plutôt que de les voir arriver de Paris ou de Milan, ce sont les stylistes japonais qui sont montés au créneau. Et aujourd’hui, c’est à Paris, à Milan et à New York qu’ils vont proposer leurs nouveaux modèles d’habits pour le printemps ou pour l’hiver de chaque année.

De nombreuses écoles forment des jeunes chez nous pour devenir des stylistes. Mais l’habillement colonial du Wax ne peut offrir de débouché sur le plan industriel. Ces jeunes stylistes se retrouvent ainsi au chômage ou à faire tout autre chose. Quel gâchis ! C’est à nous, industriels Africains, de les copter pour mettre en valeur leur créativité pour développer une véritable production nationale dans l’habillement que les jeunes, les femmes vont aimer et non que nous devons croire par erreur qu’ils aiment parce que c’est soit disant lié à leurs traditions.

Quelles leçons pour les industriels Africains ?

C’est une erreur que nous restions dans des considérations erronées en cimentant les intérêts de nos prédateurs comme étant notre culture, comme notre identité vestimentaire. Il n’en est rien. La cravate, le costume, les robes de femmes sont aujourd’hui le fruit de la créativité des stylistes. A rien ne sert de porter sur nous des chiffons en croyant que nous sommes authentiques. Authentiques plus que qui ? Au contraire, tout le monde nous voit comme des naïfs idiots qui adorent un article que nous ne produisons pas.

Pendant que nous nous marginalisons dans ces égoûts d’absence de créativité, nos concurrents inondent nos marchés africains avec les produits vestimentaires de toutes les natures et de bas de gamme. Il a fallu attendre les chinois pour installer les premières usines en Ethiopie pour confectionner les habits pour le marché européen. Mais qu’est-ce que nous attendons pour comprendre qu’on se lance là où tout le monde voit d’abord l’argent. Faites un tout dans des pays très pauvres comme le Sri-lanka ou le Bangladesh pour voir comment il est facile de gagner beaucoup d’argent en produisant pour Benetton, H&M, Nike, Zara, Adidas, Gucci, etc.

Installer une usine de confection des uniforme de travail n’est pas compliqué. Et nos militaires sont aujourd’hui habillés avec des commandes que nos forces armées passent en France et ensuite on prend leurs commandes pour aller les re-passer en Asie. Et les uniformes de travail ? Et les robes pour les “Métiers de Robe” comme les médécins, les infirmiers, les avocats, les juges, les clercs ???

Rendez-vous le 14 avril 2019 à notre Conseil de Guerre à Canton en Chine pour en parler avec détail. Le Rinvindaf doit siffler la fin de la recréation qui a trop duré. Et je vous montrerai comment nous allons procéder pour être surtout compétitifs face aux habits importés en Afrique, d’Asie.

Nous verrons durant la première partie de la foire, toutes les machines dont vous avez besoin pour lancer votre usine de production des files à partir du coton, mais aussi celles pour tisser ces files et en faire des tissus, des t-sirts etc. Et durant la deuxième phase de la foire, nous verrons ensemble, les accessoires vous permettant de démarrer avec un petit budget votre usine de production des sous-vêtements pour femmes, des bébés, mais aussi des habits de travail etc.

On ne lâche rien !

Jean-Paul Pougala




Ailleurs sur le Web

  • INFOS
  • CULTURE

Cameroun : A quel jeu politique joue Paul Biya ? est d'abord apparu sur ChateauNews. En savoir [...]

Cameroun – Municipales 2020 : Voici les listes Elecam validées par Région est d'abord apparu su [...]

Budget programme : Environ 7 Milliards de FCFA pour moderniser Ngaoudnéré à l’horizon 2022 est d [...]

Municipales 2020 : Ça chauffe au RDPC dans le Logone et Chari est d'abord apparu sur ChateauNew [...]

L’article Tourisme : Le Rwanda se vend à l’international avec Arsenal est apparu en premier sur Open [...]

L’article Solomana Kante : L’inventeur de l’alphabet N’ko est apparu en premier sur OpenAfrique. Lir [...]

L’article Taytu Betul, la puissante impératrice d’Éthiopie Chef de guerre est apparu en premier sur [...]

L’article RCA : Ouema Gueingai Roger, premier Docteur en Mathématiques devant un jury présidé par le [...]

Partager cet article
Scroll to top